Created 8-May-12
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Description:

Tout plongeur averti du Québec a déjà entendu parler de cette épave mystérieuse et magique. Elle exige une aisance physique et une maîtrise appropriée de la technique. Cette plongée, lorsqu'elle est bien planifiée, est une expérience à laquelle on développe rapidement une dépendance.
Soumise à une marée de 5 mètres, la profondeur de cette épave sera d'environ 26 à 45 mètres. On y retrouve la faune typique de la région: crapauds de mer, oursins, patates de mer, stichée arctique, morue, sébaste et méduse.
D'une longueur totale de 168 mètres, d'une largeur de 20 mètres et d'une hauteur de 12 mètres répartie sur 4 ponts, l'épave offre un grand défi technique et des possibilités presque infinies d'exploration. Un niveau de plongée technique est essentiel pour avoir un temps de fond raisonnable dans cet environnement hostile.

Historique:

Le vendredi 29 mai 1914, vers 1h 55 du matin, alors qu'il quitte le Québec et se dirige vers Liverpool en Grande-Bretagne, l' Empress of Ireland est abordé accidentellement sur son côté tribord par le Storstad, un charbonnier norvégien, au large de Pointe-au-Père, près de Rimouski. Parce qu'il a engagé la marche arrière avant l'abordage et que l'Empress of Ireland avance toujours, le Storstad n'arrive pas à rester dans la brèche et l'eau s'engouffre rapidement dans le paquebot. Le navire coule en seulement 14 minutes.
La rapidité de ce naufrage, l'impossibilité d'utiliser la majorité des embarcations de sauvetage (le bateau se couche sur son côté tribord, donc aucun canot de sauvetage de bâbord ne peut être utilisé), et la température de l'eau du Saint-Laurent (0 à 4°C tout au long de l'année), font que seulement 465 des 1477 personnes (dont 248 membres d'équipage) à bord survivront. Sur les 1012 morts, soit 68.5% des gens à bord, il y a 840 passagers. Seuls 4 enfants ont survécu. Bien qu'en proportion ce naufrage ait fait moins de victimes que celui du Titanic (1513 morts sur 2208 passagers) ou du Lusitania (1198 morts sur 1257 passagers), il sera rapidement oublié, éclipsé par le déclenchement, en 1914, de la Première Guerre mondiale.
Le 16 juin 1914, une enquête fut instituée à Québec et c'est le commandant du Storstad qui fut reconnu responsable de la collision. Cependant, une enquête menée par les Norvégiens libéra le Storstad de toute responsabilité, blâmant plutôt le capitaine Kendall, de l'Empress of Ireland, pour violation des règles de navigation en ne croisant pas l'autre navire bâbord/bâbord. La Canadian Pacific Railway gagna un procès de 2 000 000 $ contre A. F. Klaveness, le propriétaire du Storstad. Incapable de payer, celui-ci fut forcé de vendre le navire pour 175 000 $.
Une récente enquête semble indiquer que le capitaine du Storstad fut induit en erreur par une manoeuvre de l'Empress of Ireland juste avant que celui-ci ne disparaisse dans la brume. Il a, alors, changé de cap pour éviter la collision mais l'Empress of Ireland a, par la suite, repris son cap original, se plaçant ainsi sur le trajet du Storstad.
Pendant presque cinquante ans, seuls les sébastes et les morues s'en préoccupent. Puis en 1964, un groupe de plongeur aidé d'un richard de la région se met en quête de la retrouver. Avec les moyens de l'époque ce n'est pas une tâche facile.
Après que l'équipe de scaphandriers ait quitté les lieux en 1914, aucun plongeur n'y est retourné avant 1964. L'Empress of Ireland, à cause de la première guerre mondiale qui éclata un peu plus d'un mois après le naufrage, fut oublié rapidement. Une bouée a marqué le lieu du naufrage pendant quelques années, ses chaloupes en acier ont rouillé longtemps à la Pointe-au-Père, mais ce n'est que 50 ans après le naufrage qu'un petit groupe de plongeurs de Gatineau et Montréal, intéressés par un article du journal Le Soleil relatant la tragédie, a redécouvert l'épave. Avec la technologie moderne, le navire est devenu accessible aux plongeurs expérimentés et ceci ouvra la portes aux chercheurs de trésors.
Le 15 avril 1999, le ministère de la Culture et des Communications classe l’épave en tant que bien historique et archéologique, confirmant ainsi sa grande valeur symbolique et commémorative de la plus grande tragédie maritime de l’histoire du Canada. Le classement protège l’épave en interdisant toute intervention ou prélèvement sur le navire.
Le temps continue de faire son œuvre et l’immense épave de l’Empress of Ireland se détériore de manière inexorable. Cependant, l’histoire du paquebot, surtout sa fin tragique, fascinera encore longtemps l’imaginaire collectif. De nombreux plongeurs continueront d’explorer ce qui est maintenant considéré comme un lieu de sépulture pour environ 600 des 1 012 victimes de cette tragédie

Source: http://www.scubapedia.ca/index.php/Empress_of_Ireland

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